Éthique, libertés et numérique

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Nos traces en ligne, les algorithmes qui trient ce que nous voyons, les écrans qui captent notre attention, les machines à qui l’on confie des décisions : le numérique pose des questions morales anciennes sous une forme neuve. Le blog les suit depuis 2012, de la présentation « Social Net Worth » de son auteur aux débats sur l’IA. Cette page met les positions en regard, question par question, en les attribuant à leurs auteurs, sans trancher.

Précautions. Les sources sont inégales : quelques conférences et entretiens de fond, beaucoup de vidéos de vulgarisation, des notes de l’auteur publiées sur Facebook, et des pastiches signalés comme générés par IA. Les intervenants sont souvent engagés, et la vie privée ou le logiciel libre sont moins représentés que l’IA. La dernière question remonte aux fondements : d’où vient la morale ? Les autres posts sont regroupés en fin de page.

Question 1 — Nos données nous appartiennent-elles encore ?

Ce que nous publions, achetons ou écrivons laisse des traces, qui nourrissent aujourd’hui les modèles d’IA. Prix d’un service gratuit, captation d’un bien commun, pillage des œuvres ? L’histoire du logiciel libre rappelle qu’un autre mode de partage a existé, et fait tourner une bonne part de l’informatique.

Question 2 — Les réseaux sociaux nous rendent-ils moins libres ?

Outils de lien et de mobilisation, ou machines à enfermer chacun dans ce qui lui ressemble ? Le débat porte sur les algorithmes de recommandation, sur la vie privée et, plus profondément, sur ce que devient la liberté quand ce qui est vrai dépend de ce qu’on nous montre.

Question 3 — Les écrans nous volent-ils notre attention ?

L’informatique devait nous soulager de la surcharge d’information ; elle est devenue, pour beaucoup, une source de distraction. Les voix sont ici surtout celles de l’auteur, ingénieur et père, entre la promesse de 1991 et l’expérience quotidienne des écrans à la maison.

  • Taking a walk in the wood, in the cloud ?
    En 1991, Mark Weiser prédisait que l’informatique omniprésente aiderait à surmonter la surcharge d’information et rendrait l’ordinateur aussi reposant qu’une promenade en forêt ; en 2012, l’auteur pensait qu’on allait y arriver.
  • Six semaines sans écrans
    Six semaines sans écrans, en 2013 : les enfants sont de meilleure humeur, moins fatigués, et ne réclament pas leurs appareils ; pour l’auteur, « le monde des médias numériques n’est manifestement pas un progrès ».
  • Detox
    Une carte mentale de 2015 pour rester concentré à l’ère de la distraction : désactiver les alertes, travailler par périodes, dire non aux écrans.
  • Digital natives
    Digital natives, 2012 : à 8 et 6 ans, deux frères bloqués sur un jeu Wii cherchent la solution sur YouTube, via Google, sur les iPad.
  • Déménagement
    Déménagement, 2015 : chambres vidées, ordinateurs dans les cartons, internet coupé, et des enfants « comme des poissons hors de l’eau ».

Question 4 — Qui est responsable de ce que fait une IA ?

Quand un système poursuit à la lettre un objectif mal formulé, ment ou dérape, la faute revient-elle à la machine, à ceux qui l’ont conçue, ou à ceux qui l’emploient ? Les uns insistent sur la difficulté technique de l’alignement, les autres sur la responsabilité humaine, au travail comme dans les choix de société.

Question 5 — Faut-il se méfier de la machine ?

Pour certains, la technique transforme les hommes en rouages et concentre le pouvoir ; pour d’autres, elle est à la fois poison et remède, ou un outil à comprendre avant de le juger. Les positions vont du réquisitoire de Bernanos à la bienveillance revendiquée.

Question 6 — D’où vient la morale ?

Derrière ces débats, une question plus ancienne : faut-il une religion, des règles, ou des dispositions héritées de l’évolution pour être moral ? Primatologue, philosophes et historien répondent différemment, et rappellent que des hommes ordinaires peuvent aussi basculer.