Le fils du charpentier

Le fils du charpentier

Alors, il est né.
Le fils du charpentier,
pas le fils d’un grand marchand ou d’un grand prêtre,
pas le fils d’un prince ou d’un conquérant.

Certes, il parlera avec sagesse aux prêtres du Temple à propos des Écritures, vers ses douze ans. Aujourd’hui, on dirait qu’il est doté d’un haut potentiel intellectuel. Cela susciterait probablement quelques questions chez les adultes l’observant.

Mais il apprendra aussi la profession de son père : un travailleur, un artisan. Cela interpelle les travailleurs et artisans que nous sommes, chacun dans nos métiers respectifs, non ? Le rôle du travail – et en particulier du travail manuel et créatif – dans le développement de la personne. Produire pour évoluer, pour se réaliser.

D’ici ses trente ans, il explorera aussi les Écritures et la pensée religieuse de son temps, rencontrera des prêtres, se retirera dans le désert, et développera la sagesse qu’il transmettra durant ses trois années de magistère avant de subir une mort violente et injuste.

Cette réflexion sur le monde, en parallèle de l’activité productive, doit aussi nous interpeller lorsque nous traitons des sujets comme l’éthique au travail ou la justice dans le monde de l’entreprise, de la production ou du service.

Toujours en contact avec les travailleurs – bergers, pêcheurs, artisans, agriculteurs –, il parlera aussi par des paraboles décrivant ce monde rural et concret, et y cherchant la justice et l’équité. Plus tard, Paul, le cosmopolite, sera l’apôtre des villes, de l’Empire, à la croisée de la politique impériale universaliste, de la pensée philosophique grecque et de la tradition d’Israël. Tout deviendra un peu plus compliqué et élaboré. Mais lui, le fils du charpentier, restera enraciné dans la condition humaine simple et vivante.

Connecté au monde réel et physique, et non déconnecté par les nouveaux médias et les abstractions virtuelles, dirions-nous aujourd’hui. Une pensée philosophique du réel et du vécu, enracinée dans le concret, mais universelle par sa portée.

Pour lui, pas besoin de conquérir le monde par les armes, pas besoin de détruire ses ennemis, pas besoin de convertir par la force. Lorsqu’on est fort et enraciné dans sa condition d’homme réel dans un monde vivant, la simplicité d’un discours, avec des mots simples et directs, cela suffit.

Le voilà donc, il est né. Un fort potentiel, avons-nous dit.
Quelques épreuves l’attendent encore…
Le monde sera coriace avec lui, mais son message transcendera les épreuves.

Joyeux Noël à tous !

Comments are closed.