Social Net Worth : comment le web social transforme-t-il notre société ? (Quattropole, 2012)

Social Net Worth : comment le web social transforme-t-il notre société ? (Quattropole, 2012)

Présentation donnée le 5 décembre 2012 lors de la conférence Quattropole « Comment le web social transforme-t-il notre société ? ».

Que vaut notre « capital social » à l’heure des réseaux ? Le titre joue sur net worth, la valeur nette. Point de départ : « Internet n’est pas en train de changer la société. La société change et se sert d’Internet. » Et chaque fois qu’une technologie nouvelle s’impose à une société habituée aux anciennes, des angoisses de toutes sortes surgissent.

Un réseau social, c’est d’abord un concept des sciences sociales : on y étudie les relations entre les individus, les groupes, les organisations, plutôt que les individus eux-mêmes. Facebook, Twitter, LinkedIn, Google+ ou Pinterest n’en sont que les outils. Ils étaient alors en pleine adoption massive : 900 millions d’utilisateurs pour Facebook, et une addiction mesurée par des chercheurs comme plus forte que celle au tabac ou à l’alcool.

La présentation parcourt ensuite, à travers la presse et les blogs de l’automne 2012, ce que ces réseaux font à nos vies :

  • la relation : être ensemble mais absorbé par son écran, le nombre de Dunbar (environ 150 relations stables) à l’épreuve des centaines d’« amis » ;
  • l’influence et l’emballement : le saut de Felix Baumgartner et l’onde de choc pour Red Bull ;
  • la vie privée : « Internet sait tout de vous », Facebook et Google en savent plus sur nous que nos proches ;
  • la politique : la « fin de la politique » et l’iDémocratie annoncées, la guerre de Gaza menée aussi sur Twitter, des « j’aime » Facebook retenus comme preuves dans un procès pour terrorisme ;
  • l’opinion : l’indignation collective (l’article du Point sur les « gamers-tueurs », descendu en une soirée), et la bulle de filtres d’Eli Pariser, cette « malbouffe de l’information » où l’on ne voit plus que ce qui nous ressemble ;
  • l’éducation : « le cerveau de nos enfants n’aura plus la même architecture ».

Pour certains, la réponse est de quitter Twitter et Facebook (Thierry Crouzet). Pour d’autres, les communautés elles-mêmes ne sont plus des lieux mais des réseaux. « Ce qu’il y a de plus humain en nous, c’est notre technologie. » Reste la mise en garde de Tocqueville, qui clôt la présentation : l’individualisme « ne tarit d’abord que la source des vertus publiques ; mais, à la longue, il attaque et détruit toutes les autres et va enfin s’absorber dans l’égoïsme ».

Les diapositives sur SlideShare : Social Net Worth (Quattropole 2012). Yves Leblond, conférence Quattropole, 5 décembre 2012.

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