Quarante heures avec Claude Code

Quarante heures avec Claude Code

Sur un projet personnel musical, entrepris il y a trois ans puis abandonné faute de temps, j’ai repris le travail ce printemps avec Claude Code. En quelques week-ends, une quarantaine d’heures en tout, sans écrire moi-même une ligne de code, sur une plateforme que je connais mal (Swift et iOS), j’ai obtenu ce qui m’aurait demandé des mois, voire un an, à plein temps. Et cela en mêlant des domaines très différents : protocoles réseau, graphisme, traitement du signal, appels à des modèles de langage, serveur MCP, modélisation mathématique, collaboration entre plusieurs utilisateurs…

Une bonne partie de ce temps, je promenais mon chien pendant que Claude travaillait, ou je sirotais une bière en bayant aux corneilles. Le tout pour le prix de l’abonnement de base, bien loin des milliards de jetons dont on se gausse pour taper sur les modèles d’IA.

Claude m’a permis de créer l’application dont je rêvais, avec des amis musiciens, et que je n’aurais jamais eu le temps de coder seul ; en faire un projet open source aurait été trop complexe (mais intéressant). Ce projet est à l’origine de JamShack : l’improvisation en réseau, guidée par la théorie musicale, où l’IA écoute chaque note et fait du cycle des quintes une boussole en temps réel.

L’intérêt pour le code en tant que code baisse. Mais l’intérêt pour le sujet, le produit et ses fonctionnalités grandit : en raccourcissant le délai entre l’idée et sa réalisation, et en en diminuant le coût, l’architecte ou le chef de produit gagne en créativité. Sur un sujet qui nous passionne, et pour lequel on a une vision, on démultiplie ce qu’on produit. Il faut aussi être lucide : dans mon propre métier, un expert brillant et clair d’esprit dans son domaine, sans être informaticien, pourra produire plus que ce que je produirais en l’aidant.

Il y a pourtant un revers. Comme l’outil permet de faire plus en moins de temps, là où l’on se serait arrêté par fatigue ou faute de temps, on pousse toujours plus loin les idées. Plus d’idées, c’est aussi plus de fatigue : la carte mentale technique s’allège (on fait confiance au code produit, désormais meilleur que celui de la plupart des développeurs, même seniors), mais la carte mentale fonctionnelle s’alourdit.

Et il y a un côté addictif : puisqu’on peut aller plus loin, et que c’est valorisant, on pousse encore. Des boucles idée, réalisation, récompense rapide… comme TikTok, mais au niveau de la réflexion et de la création. Fascinant, valorisant, satisfaisant, et toxique d’une certaine manière : toujours plus, toujours plus vite.

Nous entrons dans une autre manière de penser le logiciel.

Réflexions écrites au fil d’échanges sur LinkedIn, en juillet et août 2026.

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