Toutes les retraites sont par répartition
Au fond, tous les systèmes de retraite sont des systèmes par répartition.
À chaque instant, ce qui est consommé doit être produit au même moment : les biens et les services dont vivent les retraités sortent du travail des actifs de l’année, pas d’un coffre où on les aurait rangés quarante ans plus tôt. Un fonds de pension ne stocke ni des repas ni des soins ; il stocke des droits sur la production future.
Capitalisation et répartition ne changent donc que la manière de partager cette production : par des cotisations dans un cas, par des dividendes, des intérêts et des ventes de titres dans l’autre. L’économiste allemand Gerhard Mackenroth l’avait formulé dès 1952 : toute dépense sociale est payée sur le produit national de l’année en cours.
S’il y a un déséquilibre entre la puissance productive (les actifs) et le besoin de consommation (les actifs plus les inactifs), il n’y a que deux issues : produire davantage par actif, ou aller chercher ailleurs ce qui manque, grâce à une force de prédation suffisante pour prélever sur les voisins, financièrement ou militairement. Placer son épargne à l’étranger, c’est d’ailleurs exactement cela : faire travailler les actifs d’un autre pays pour ses propres retraités.
Mais si l’on inclut dans le système ceux sur qui l’on prélève, on retombe sur de la répartition.
Réflexion écrite à la suite d’un échange sur LinkedIn, le 31 août 2026, puis développée.