Le COBOL, le langage dont dépend le monde et que plus personne ne connaît (Underscore_)
Nos banques, nos assurances, nos caisses de retraite reposent encore sur le COBOL, un langage vieux de près de soixante-dix ans, et ceux qui le maîtrisent partent à la retraite. Underscore_ reçoit l’un des rares jeunes experts de ce langage.
L’histoire commence en 1959 : l’armée américaine veut un langage commun, lisible par des officiers capables d’auditer le code. Inspiré des travaux de Grace Hopper, le COBOL s’écrit presque comme de l’anglais (« ADD 1 TO X »), avec des milliers de mots-clés. Très performant pour les calculs en virgule fixe, il est vite adopté par les banques, puis par IBM, dont le système des grands ordinateurs centraux (z/OS) fait encore tourner l’essentiel du COBOL aujourd’hui.
On y découvre l’informatique des cartes perforées : une carte par ligne de code, 80 colonnes (toujours respectées aujourd’hui), des perforatrices, une nuit entière pour compiler, et les erreurs découvertes le lendemain sur des piles de papier. Puis les terminaux, les bandes magnétiques et les bras robots des mainframes, dont on loue désormais la puissance à prix d’or.
Pourquoi ne l’a-t-on jamais remplacé ? Parce que des systèmes entiers, enrichis pendant des décennies de règles de gestion, ne se migrent pas en quelques années ; parce que le COBOL est stable (un programme de 1960 tourne encore) quand les couches modernes doivent être refaites tous les cinq ans ; et parce qu’il est très sûr. Le bug de l’an 2000, qui a mobilisé des milliards pour corriger des dates codées sur deux chiffres, en dit long, et un problème semblable guette vers 2038-2049.
Reste la pénurie : les développeurs recrutés en masse dans les années 1990 partent à la retraite, et le « coboliste » finit souvent par mieux connaître les règles métier que les utilisateurs eux-mêmes. Avoir la double compétence COBOL et Java, c’est être « le roi du pétrole ».
Voir aussi : l’ascension et la chute de LISP, un autre langage des débuts.
Vidéo d’Underscore_ (en français). La chaîne n’autorisant pas l’intégration, la vidéo se regarde sur YouTube.
