L’épistémologie de la catastrophe (Table ronde – Agir pour le vivant 2020)
Table ronde enregistrée le 27 août 2020 à Arles, lors du festival Agir pour le vivant. Elle devait être animée par Bernard Stiegler, disparu quelques semaines plus tôt ; les intervenants ont choisi de la maintenir, « car c’est très certainement ce qu’il aurait souhaité ».
En ouverture, Maël Montévil explique le titre. L’épistémologie, c’est l’étude des savoirs — et les savoirs sont au cœur de la crise. Le vivant lutte localement contre l’entropie, contre la désorganisation. L’humanité, elle, évolue par des organes exosomatiques : les objets techniques. Or ces objets sont des pharmaka, à la fois poisons et remèdes : les machines de la révolution industrielle et les gaz à effet de serre, les écrans et le développement des tout-petits…
Ce qui nous permet de lutter contre cette toxicité, ce sont nos savoirs. Mais ils passent de plus en plus dans les dispositifs techniques — machines, agro-industrie, ordinateurs — et nous les perdons. C’est de ce constat qu’est parti le collectif Internation, initié par Bernard Stiegler, qui défend dans le livre Bifurquer une économie contributive fondée sur le développement de nouveaux savoirs.
Après la restitution d’une résidence de trois jours sur l’informatique théorique et les relations entre générations (Victor Chaix, Anne Alombert), le débat s’ouvre : décroissance et low-tech, place des algorithmes, rôle de l’école, numérique dans l’entreprise, justice climatique. Avec, en fil rouge, une question : la catastrophe est-elle un problème de savoir… ou de volonté politique ?
Les intervenants
- Maël Montévil, biologiste et philosophe, membre fondateur du collectif Internation
- Victor Chaix, membre fondateur de l’Association des amis de la génération Thunberg
- Anne Alombert, doctorante en philosophie à l’université de Nanterre
- Dominique Bourg, philosophe, professeur honoraire de l’université de Lausanne
- Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l’Environnement
- Françoise Mercadal-Delasalles, directrice générale du Crédit du Nord, membre du Conseil national du numérique
- Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE
- Marie Toussaint, eurodéputée, juriste en droit international et de l’environnement, cofondatrice de Notre affaire à tous (L’Affaire du siècle)
Vidéo de la chaîne Agir pour le vivant — festival organisé à Arles par Actes Sud et l’Université du Domaine du Possible.